Si vous ne savez pas quoi faire de votre journée, je vous conseille d’enfiler votre plus fidèle paire de chaussures. On part sur une excursion imminente au sommet du Mont Caval découvrir les cinq lacs de Prals, à 2330 mètres d’altitude. Le chiffre peut paraître effrayant, mais il se trouve qu’il fait partie des sommets les plus faciles à franchir. Il promet une promenade agréable qui est adaptée à tout le monde. Vous verrez, une fois montés là-haut, impossible de regretter ! Nous étions trois, déterminés à aller visiter Saint-Martin-Vésubie et son célèbre parc du Mercantour. Départ aux aurores ! On nous a prévenu : en altitude, la météo change souvent et les pluies, au sommet peuvent facilement nous faire glisser, et donc, nous bloquer. Il faut profiter au maximum du beau temps. Alors, c’est à sept heures du mat’ que l’on se retrouve, à Cagnes-Sur-Mer pour partir ensemble en direction d’un environnement dont ou nous a vanté la beauté. Mon collègue me regarde bizarrement alors que j’embarque avec mon petit sac en bandoulière, pas très adapté à la randonnée… Il ne sait pas que je vais tous les dépasser dans la montée !

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Après une heure et demie de trajet, nous arrivons enfin dans le parc régional du Mercantour. La route nous a laissé en tête des paysages pittoresques : nous passons sous des vieux ponts de pierre alors que le torrent de Fenestre s’écoule à mesure que la voiture s’enfonce dans l’arrière-pays… Nous nous arrêtons même dans une boulangerie d’un des villages que l’on traverse pour goûter quelques viennoiseries. Une fois garés sur parking du refuge, le sanctuaire de la Madone de Fenestre, on serre nos lacets, on enfonce jusqu’aux sourcils nos lunettes teintées : la grimpe commence, et pas dans la tendresse. Après avoir passé une petite vacherie et quelques prairies en pente douce, on commence déjà par une forte montée pour franchir le vallon de Ponset, qui nous prend bien le temps d’une heure. Il parait que tout n’est qu’une histoire de mental… Mes mollets n’ont pourtant aucune conscience.

La rude montée passée, dont les graviers glissants nous ont valus quelques fous rires, on arrive enfin au sommet du Mont Caval. Face à nous, de nombreuses montagnes se pointent à l’horizon et nos jambes s’apaisent, en même temps que l’on se promène dans le champ de pelouse verte qui s’étend à perte de vue. En continuant le chemin quelques minutes, ce pour quoi nous nous étions levés ce matin se révèle à nous : les lacs de Prals, cinq petites étendues d’eau claire. Certains se dissimulent entre les vallons, qui s’étendent sur une grande surface. Un petit groupe de femmes âgées, rencontrées un peu plus tôt dans la montée après quelques passes de courtoisie, nous racontent les anecdotes de leurs excursions préférées. On s’installe au bord d’un des lacs  pour prendre une pause bien méritée. Nous ne nous en étions même pas rendus compte, mais la pente nous a affamés ! Alors qu’on déguste ce qu’on s’est acheté le matin-même, on ne voit pas le temps passer. Petit conseil : pensez à prendre un pull car la température descend vite et ça surprend.


Les nuages gris qui apparaissent nous poussent à accélérer notre départ, c’est assez euphorique que notre petite équipe de trois redescend la montagne. Parmi la jungle provençale, les fleurs colorées balisent notre parcours, en plus des petits cours d’eau qui se répandent sous nos pieds. Nous suivons assidûment le chemin tracé des randonneurs précédents. Que je vous explique : les promeneurs laissent à des endroits en évidence une petite pierre, comme témoignage de leur passage. Petite pierre par petite pierre, ce sont de véritables montagnes miniatures qui se sont formées au fur et à mesure des allées et venues. Nous prenons un malin plaisir à ajouter notre cailloux pour augmenter la taille de cette construction improvisée.

Quelle ne fut pas notre surprise d’entendre les cris stridents des marmottes, qui se faufilent dans les champs si vous venez à être trop bruyants ! Bien sûr, mon rire un peu frivole les affole, et c’est avec plaisir qu’on les voit fuir et vrombir en direction de leurs petits terriers rassurants. En poursuivant notre route : ce sont des vaches en liberté que l’on reconnait au son des cloches qui résonnent dans la vallée. Mon ami se rapproche, évidemment, je le suis. Mais les marmottes sifflent depuis leurs roches escarpées et préviennent les vaches normandes de se méfier : on décide de ne pas les déranger. Notre accompagnatrice nous attend de l’autre côté de la vallée, en fou rire quand elle nous voit revenir bredouille. À quoi on s’attendait ? Caresser leurs gros naseaux, comme dans les clichés qui font sangloter nos mémés ?

C’est en se remémorant les épreuves de la journée que nous redescendons du Mont Caval, plus aisément que dans la montée, je veux bien vous l’avouer ! Ce passage par la forêt nous fait oublier que c’est la ville que l’on s’apprête à retrouver. Une chose est sûre, cette découverte à stoppé net nos montres : il est bientôt 17 heures et c’est sans me sentir coupable pour le conducteur que je m’endors sur le chemin du retour.

Pour vous rendre aux lacs de Prals en voiture : 

Depuis Nice, remonter la Vallée du Var  par la départementale 6202.
Suivre la direction Saint-Martin en Vésubie par la Départementale 2565.
Prendre la sortie du village de la départementale 94 qui mène, 12 kilomètres plus loin, au sanctuaire de la Madone de Fenestre.

Le parcours pédestre :

Environ 8 kilomètres en boucle. À un rythme lent : quatre heures de marches ou l’on parcourt replats et descentes d’herbes.
Le sentier du circuit fait le tour complet du Mont Caval, il longe le torrent de Fenestre.

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